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L'Hôtel de la Haute Mère Dieu


A l'heure où la destruction de la Haute Mère Dieu est annoncée, la diffusion du descriptif historique qui suit résonne dans notre mémoire collective pour nous rappeler que cet édifice, à l'abandon depuis plusieurs années, n'est pas une simple verrue au milieu de la place de la République.

Ensemble, apprenons à mieux connaitre le patrimoine qui nous entoure afin de l'apprécier à sa juste valeur.

Nous ne nous rendons trop souvent compte de l'importance des choses qu'une fois qu'elles ont disparues.


 



Voici condensé ci-dessous, un fascicule imprimé à Châlons sur Marne en 1875
et qui retrace l'histoire de l'Hôtel de la Haute-Mère-Dieu.


Son auteur Ch. REMY vous conte:


L'HOTEL DE LA HAUTE MERE DIEU


 
L'endroit le plus curieux et le plus populaire de tout Châlons est la place du Marché au Blé (aujourd'hui place de la République), où se passèrent tant de faits civils, religieux ou militaires relatés dans l'histoire de la ville.
Elle était autrefois entourée de galeries en arcades dont on voit encore des traces. Ces galeries formaient de vastes promenoirs comme un cloître. Elles servaient à abriter les céréales exposées en vente les jours du marché dont l'importance était attestée par les nombreuses hotelleries, auberges ou échoppes exploitées autour de cette place.
Quelques uns de ces établissements subsistent encore avec leurs noms d'autrefois, comme Le Renard, le Pot d'Etain.
Le plus important d'entre eux, l'hôtel de la Haute-Mère-Dieu, a été depuis entièrement reconstruit par la famille Cordier et plus spécialement par M. Cordier-Lamotte, son propriétaire actuel, qui en a fait l'un des hôtels les plus confortables qui existent en province.
En 1814, il était encore, sauf quelques aménagements intérieurs, tel que l'avait laissé le seizième siècle, et sa devanture était en harmonie avec la place dont il fait partie.

Le nom d'hôtel de la Haute-Mère-Dieu qu'il porte depuis le XIIIème siècle, lui vient d'une statue de la Vierge, mère de Dieu, qui lui servait d'enseigne et qui avait sa raison d'être, puisque cette maison appartenait à l'abbaye de Haute-Fontaine (ordre de Citeaux) située sur le territoire d'Ambrières, arrondissement de Vitry le François, fondée en 1136.
Il était d'abord destiné au logement des religieux et des nombreux tenanciers de l'abbaye qui étaient de passage. On y recevait aussi les pauvres voyageurs, comme le prescrivaient les règlements pour l'abbaye elle-même.
Il servait aussi d'entrepôt aux denrées que le couvent faisait vendre au marché de Châlons, renommé parmi ceux de la Champagne et de la Brie.
C'est là que se retiraient les religieux avec ce qu'ils avaient de plus précieux, quand une guerre ou un danger imminent les menaçait. C'était ce que l'on appelait un Refuge, presque toutes les abbayes en possèdaient un ou plusieurs dans les villes voisines abritées par des remparts.
(...)
On lit dans l'"ancien diocèse de Châlons" par M. Ed. de Barthelemy, au dénombrement des bien de l'abbaye de Haute Fontaine, que la maison de Châlons (c'est à dire l'hôtel de la Haute-Mère-Dieu) lui fut donné au XIIIème siècle par Jean Barat, chevalier, et la première mention du nom d'hôtel de la Haute-Mère-Dieu est relatée en un règlement de police de l'année 1467. Il y est ordonné "qu'un chacun oste ou fasce oster dedans quinze jours prochains pour tous delays, tous les fiens estant présentement ès rues cy après déclarées. Item depuis Marne au rivage de Chanteraine, en tirant pardevant l'ostel de la Haulte Mère Dieu, et de cet établissement en la rue de la Petite Poissonnerie..."
On voit que cet hôtel était situé comme aujourd'hui sur la place du Marché au Blé.
Il avait sa principale entrée sur cette place et une sortie par derrière, sur les bords de la rivière de Nau, qui coule actuellement emprisonnée dans ses voûtes, sous la rue Lochet.
Il tenait d'un côté à une maison particulière et de l'autre à des bâtiments qui portaient, au XVIème siècle, l'enseigne de "La Corne de Cerf" et qui appartenaient à la chapelle du Château de Cernon.

(…)
A l’approche de la Révolution, cet hôtel était devenu la propriété exclusive du sieur Nicolas Charles Bonnard, aubergiste, et de Marie Pichard, sa femme, qui y avaient réuni l’hôtel de la Corne-de Cerf. (…) Il reste encore aujourd’hui assez de traces pour reconnaitre que la porte d’entrée formait autrefois un bâtiment séparé.
 

 
L’hôtel de la Haute Mère Dieu est passé, depuis l’année 1829, entre les mains de la famille Cordier qui l’acheta à cette époque. M. Cordier-Lamotte, son propriétaire actuel, l’a reconstruit prequ’en entier depuis vingt ans, et tout en le mettant, pour le confortable, au premier ordre des établissements de ce genre.
Quoi qu’il ne manquât pas de motifs pour lui donner des titres pompeux et sonores, il eut le bon goût de lui laisser son nom ancien qui, par sa consonance archéologique, attire l’attention des touristes.
Aussi pourrait-on citer beaucoup de savants et d’artistes qui y ont séjourné, aussi bien que des princes et des grands dignitaires de la France et de l’Europe. Parmi les écrivains, Alexandre Dumas et Victor Hugo en ont fait mention dans leurs ouvrages.
 


 


L'Hôtel de la Haute Mère Dieu
au XXème siècle





        

   





L'Hôtel de la Haute Mère Dieu
en 2011











 

 
 
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